Contre la politique d’exclusion de Sarkozy, faire le pari de la solidarité

Publié le par Elu-e-s Europe Ecologie - Région Bretagne

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Tribune libre Ouest France

Mardi 23 novembre 2010

Contre la politique d’exclusion de Sarkozy, faire le pari de la solidarité 

Les débats sur l'identité nationale ont déclenché des propos xénophobes. Le discours de Grenoble du Président Sarkozy cet été, discours sécuritaire, liant immigration et délinquance, les démantèlements de camps de Roms qui ont suivi et plus récemment la limitation de l'aide médicale d'État n'ont fait qu'alimenter la peur de l'autre. Le nouveau code régissant l'entrée et le séjour des étrangers et le droit d'asile est venu modifier et durcir les conditions d'entrées et de vie en France. Les différents éléments de ce texte visent à empêcher les étrangers d'accéder à leurs droits les plus élémentaires tels que définis dans les conventions internationales dont la France est signataire. Alors que les personnes étrangères fuient bien souvent les persécutions, les guerres, la misère sociale, les catastrophes environnementales et climatiques et demandent protection, la suspicion s'installe à leur endroit. Elles sont aujourd'hui les boucs-émissaires d'un gouvernement qui cherche à détourner l'attention, à cacher ses propres faiblesses et ses attaques systématiques contre le modèle social issu du Conseil national de la résistance en 1945.

Nous assistons à une levée des inhibitions morales : interpeller des sans-papiers aux guichets de préfectures, les enfermer avec leurs enfants et voir des demandeurs d'asile à la rue devient tristement banal. Alors, oui, nous avons le devoir de ne pas rester silencieux, nous ne pouvons supporter l'insupportable.

 

Notre Région est bien sûr concernée par ces problématiques et nous ne pouvons que déplorer une situation qui s'aggrave. En effet, depuis la fermeture des plates-formes d'accueil des étrangers demandeurs d'asile dans le Morbihan, le Finistère et les Côtes d'Armor, la demande d'hébergement explose en Ille-et-Vilaine. La décision de la Préfecture de diviser par quatre le nombre de places d'hébergement temporaire a aggravé une situation déjà catastrophique. Le 115, numéro d'appel pour les hébergements d'urgence n'a plus aucune solution à proposer. En Bretagne et plus particulièrement à Rennes, des jeunes majeurs isolés, des familles avec enfants, tous légalement fondés à obtenir un logement, dorment dans la rue. Certaines familles sont hébergées grâce à l'intervention des associations, mais leur logement reste précaire, voire insalubre.

 

Si la politique de l'État est responsable de cette crise, les collectivités territoriales doivent agir face à ces situations d'urgence. Certaines se sont déjà saisies du problème et cherchent aujourd'hui à apporter localement des solutions et à construire ainsi les alternatives à la politique du Président Sarkozy. La Bretagne, terre d'accueil mais aussi d'émigration, doit assumer toute sa place dans la construction de nouvelles réponses à la question migratoire. Nous réaffirmons notre volonté de voir la création en Bretagne d'un dispositif d'accueil au niveau régional, prenant particulièrement en compte la problématique de l'hébergement. Ce dispositif ne pourra voir le jour sans une coordination des interventions des quatre départements de Bretagne administrative et du Conseil régional. La mise sur pied d'une Conférence régionale permanente des migrations, que nous appelons de nos vœux, réunissant les collectivités bretonnes et ouverte aux associations, pourrait être l'outil permettant de favoriser ce type de coopération.


Sylviane Rault, conseillère régionale Europe Écologie-Les Verts au Conseil régional de Bretagne.  

Christian Guyonvarc'h, conseiller régional UDB et ancien Vice Président du Conseil régional de Bretagne à la Solidarité Internationale.                                                                                                       

 Guy Hascoët, président du groupe Europe Écologie-Les Verts au Conseil régional de Bretagne.       

Herri Gourmelen, président du groupe UDB au Conseil Régional de Bretagne.

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