Aménagement et équipement de la Bretagne. Interv. G. Rougier. 17 déc 2010

Publié le par Elu-e-s Europe Ecologie - Région Bretagne

Session Plénière du Conseil régional de Bretagne – 16 et 17 Décembre 2010
Rapport d'activité de la SEMAEB (Société d'économie mixte pour l'aménagement et l'équipement de la Bretagne)
Intervention de Gaëlle Rougier
Groupe Europe Écologie – Les Verts Bretagne

 

 
1. A la lecture du rapport d'activité de la SEMAEB, nous pouvons constater que plus de 80% de l'activité de cette SEM, soit 73% de son chiffre d'affaire, provient de mandats régionaux, notamment pour le PPI des lycées bretons.
Certes le PPI est une activité d'aménagement d'importance, notamment dans le développement de l'exemplarité des lycées en matière environnementale. Mais le peu de projets d'aménagement portés par la SEM en dehors des mandats régionaux pose question pour une structure de cette envergure sensée oeuvrer à la politique d'aménagement en Bretagne.
Avec un faible capital, même doublé afin de porter la SAS ENR, avec un déficit chronique que son activité ne parvient pas à résorber, cette SEM nous paraît un bel outil d'aménagement sousemployé. Un rapprochement avec l'EPFR, qui est pourtant primordial, n'est même pas mentionné dans les orientations futures de la SEM. Il pourrait pourtant s'avérer fructueux autour de projets innovants, à titre expérimental, comme par exemple des projets d'habitat groupé et solidaire, pourquoi pas dans le cadre de l'Eco-Faur.
La création de la SAS ENR montre bien que la SEM se cherche une nouvelle destination.

 

2. A propos de cette SAS, nous voilà plus circonspects.
La SAS ENR aurait pu être un outil participatif intéressant sur la question des énergies renouvelables
mais elle prend un tout autre tournant. Il est bien notifié que « l'objectif est que les partenaires privés soient majoritaires dans le fond ». Lors du dernier CA de la SEMAEB, en réponse à ma demande sur la possibilité d'ouvrir le capital à des particuliers dans le cadre d'un appel à épargne citoyenne avec l'aide des banques coopératives
partenaires du projet, il m'a été répondu que le caractère participatif n'était pas la priorité et qu'il était
assuré dans le choix des projets...au cas par cas.
Il est dommage que cette société n'est pas été ouverte à l'épargne citoyenne, privant ainsi les bretons et bretonnes d'une occasion de s'impliquer dans le développement des énergies renouvelables sur leur territoire.

 

La SAS reste donc un outil capitaliste classique, un « fonds privé, soumis aux règles courantes du capital investissement ». Sa gouvernance sera assurée par deux organes : le CA du fond qui aura en charge la définition de la stratégie d'investissement et le Comité d'investissement qui sélectionnera les projets. Hors le comité d'investissement sera, à terme, constitué d'énergéticiens et de financiers uniquement.
EDF a d'ores et déjà répondu favorablement.

 

Voilà, si on résume, que nous confions le développement des énergies durables en Bretagne à EDF, grand défenseur, on le sait, des énergies renouvelables. N'est-ce pas là, m. le Président, confier la poule au renard ? Quel contrôle politique la Région compte t-elle exercer sur cette société ?

 

3. Par ailleurs, cette SAS envisage le développement du photovoltaïque, de l'éolien mais son axe
prioritaire semble être la méthanisation.
Voici un extrait des perspectives de développement et prévisions 2011 présentées en AG du 1er octobre :
« Grâce à sa géographie et la présence de filières agricoles et agroalimentaires, la Bretagne disposed'abondantes ressources susceptibles d'être employées à la production d'énergies renouvelables » Il est même spécifié qu'il existe un « fort besoin » en Bretagne concernant le traitement du lisier de porc et des algues vertes et que le traitement de ces derniers va représenter l'activité majeure de la SAS à l'avenir.

 

A titre d'exemple, la SEM avance le projet Géotexia dans les Côtes d'Armor, projet intéressant et écologiquement vertueux, puisqu'il a l'intelligence de combiner production d'énergie et production de chaleur. Cependant, la méthanisation du lisier de porc et des algues vertes telles qu'instituée par la SASENR n'est plus une tentative expérimentale de gérer au mieux des déchets, mais bel et bien un modèle de développement. En octobre, des contacts étaient d'ailleurs en cours avec les communes de Janzé et Questembert pour envisager de telles unités de méthanisation sur leur territoire. Rappelons que la méthanisation, M. le Président, ne permet pas de régler la question de l'eutrophisation des eaux car elle ne « digère » pas les nitrates qui restent toujours au final, de façon ultime. La méthanisation du lisier et des algues vertes ne peut être qu'un pis aller et ne doit pas masquer l'impasse où nous entraîne notre modèle agro-alimentaire actuel.

 

Nous ne pouvons que mettre en garde contre une structure qui, sous couvert de développer les énergies renouvelables, participerait à la concentration des exploitations porcines et à trouver des débouchés pérennes à la pollution que sont les algues vertes. Nous ne sommes pas contre la méthanisation des matières organiques lorsqu'elle associe énergie et chaleur. Sur la méthanisation le besoin d'ingénierie se fait d'ailleurs sentir et il va falloir investir fortement dans la recherche dans ce domaine. La question est donc bien celle de la nature de ce qu'on méthanise. En comparaison, le développement du photovoltaïque sur les toits des lycées nous paraît être une piste qui mérite, à notre sens, d'être prioritaire dans le cadre d'un fond énergies renouvelables porté par la SEMAEB qui a déjà l'expérience du PPI des lycées bretons.

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nicolas Deleume 27/12/2010 09:40


Bonjour,

le pouvoir régional lié si j'ai bien compris à edf veut développer à grande échelle la méthanisation .En dehors du fait que cela sert les intérets d'Edf -c'est donc anti démocratique- les élus
socialistes se posent -ils la question de l'éfficacité énergétique de cette technique .
En effet la méthanisation avec lisier n'est pas performante pour produire de l'énergie ;en Allemagne les méthanisateurs fonctionnent avec du maïs et autres cultures cela pose une importante
question sur la destination des productions agricoles .
La méthanisation n'est donc pas la solution ,il en existe bien d'autres (compostage biologique des fumiers ,lisier,fientes,ect)il suffit de s'y intéresser !!!
Mais comme l'a indiquée g Rougier le président de région et le préfet cèdent une fois de plus au lobie de l'agroalimentaire et une agriculture productiviste .

Nicolas Deleume
membre EELV Rennes